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Docteur Jean-François VAN CLEEF |
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Varices de la fosse poplitéeVariations anatomo-pathologiques
La fosse poplitée est le lieu de tous les pièges diagnostiques et thérapeutiques de part :
Rappels anatomiques
La fosse poplitée présente, en forme de losange, 4 faces latérales ( demi-membraneux, biceps, chefs médial et latéral du gastrocnémien) une paroi antérieure ostéo-fibreuse, articulaire (synoviale) et une paroi postérieure divisée verticalement en deux loges antérieure et postérieure par le fascia profond.
Classiquement en coupes anatomiques transversales on observe de bas en haut :
Le prolongement postérieure de la PVS à la cuisse, inconstant, peut prendre, à la manière d’un éventail, toutes les directions possibles vers le haut, par exemple : Variations anatomiques
Tout peut se voir. Les variations anatomiques sont la norme.
Variations anatomo-pathologiques
Tout peut se voir. Regardez le tableau théorique suivant. Il va vous permettre de bien concevoir la variété de chaque situation.
Variations anatomiques et reflux de la terminaison de la PVS (Logiciel Cartoven --- JF Auvert ; JF Van Cleef et al.)
Aussi les 2 meilleurs moyens d’éviter les pièges diagnostiques et les variations anatomiques sont : - De topographier en premier les constantes anatomiques et de s’en servir comme repère au cours de l’examen, de bien suivre un fil conducteur. - D’avoir une méthodologie rigoureuse, un véritable rituel d’examen.
La consultation en pratique
Les varices du creux poplité sont :
1) interrogatoire du patient
2) Examen debout (membres inférieurs complètement nus)
Le patient est debout sur le tabouret de phlébologie : choisir un tabouret spacieux, marche supérieure de 40x50 cm minimum, hauteur 50 cm, marche antidérapante mais facile à nettoyer, ajouter une rampe murale à l’appui traditionnel ; éclairage halogène ou ampoule lumière du jour puissante (prévoir au moins 10 spots halogènes de 50 watts pour une pièce de 25 m2), murs blancs, sol clair, climatisation (malaise si chaleur, le meilleur achat de votre vie…)
De la ceinture aux orteils et des quatre faces des 2 MI ; Bien regarder la face interne et haute de la cuisse : varices périnéales Cicatrice du creux poplité Etat cutané au-dessus des malléoles, du talon, Bien observer la plante des pieds, les orteils, les ongles
Palpation pincement de la peau du dos du 2ème orteil, recherche d’un œdème du pied ou de la cheville, d’une induration sus-malléolaire, d’un point douloureux (Si le patient consulte pour douleur, toujours lui demander de désigner avec un seul doigt le point le plus douloureux et le trajet de la douleur, on gagne du temps…)
Repérage des trajets variqueux, appréciation du diamètre veineux et de la tonicité de la paroi veineuse. Au niveau du creux poplité la recherche se fait chez un patient de dos, une seule jambe demi-fléchie (position de la statue grecque) Dans la manœuvre de palpation-percussion on palpe, pour la main exploratrice, avec les trois pulpes des doigts II, III et IV, les pulpes étant alignées (l’index est tendu, le majeur est plus fléchi que l’annulaire), la main exerçant une pression très légère sur un segment de veine. Avec l’autre main on percute en amont ou en aval du segment veineux, les 3 doigts étant dans la même position. Cette manœuvre a uniquement l’intérêt d’apprécier le diamètre externe de la veine et la tonicité de la paroi. Corréler aux donnés de l’échographie l’examinateur peut parfois en déduire l’épaisseur de la paroi veineuse.
Le signe du flot par la manœuvre de Schwartz, l’épreuve des garrots ( Trendelenburg, Pratt, Perthes) n’ont qu’un intérêt historique depuis l’avènement de l’écho-doppler .
Il ne se fait qu’après l’interrogatoire, l’inspection, la palpation et la palpation/percussion. Le sujet est debout, les deux membres inférieurs sont entièrement nus, sans bandage, surtout en cas d’ulcère, et sans pantalon ou jupe même relevés. Pour l’examen d’une varice du creux poplité, le patient est de dos en position de statue grecque, se tenant à la rampe. L’examen échographique du creux poplité se fait de bas en haut, toujours de la même manière (rituel) L’examinateur prend la sonde de 7,5 MHz et la pose transversalement :
A ce stade, deux cas de figures :
Pour chaque élément il est essentiel de multiplier si besoin les plans de coupes échographiques (transversales, longitudinales, sagittales, parasagittales), de varier les effets doppler ( continu, pulsé, couleur, énergie-convergent, B-flow) et de les associer à des manœuvres de compression/décompression du mollet. Les manœuvres de compression/décompression du mollet sont d’autant plus efficaces que la main de l’opérateur est posée sur un paquet variqueux sous-jacent à la sonde. Au niveau du creux poplité les manœuvres de Valsalva génèrent des faux négatifs.
On reprend donc méthodiquement chaque élément :
A. Si incontinence de la PVS :
B. Si récidive de la PVS
Tous ces éléments sont collectés dans un compte rendu et/ou une cartographie.
Exemple de rédaction pour un reflux PVS
Reflux ostio-tronculaire de la petite veine saphène gauche. L’abouchement de la veine se fait à 3 cm au-dessus du pli cutané en face externe de veine poplitée, indépendamment des gastrocnémiennes. Il n’existe pas de prolongement postérieur de cuisse visible. Le tronc PVS est rectiligne et a 6 mm de diamètre. Il présente une branche interne incontinente de 4 mm de diamètre à mi-mollet. Sous cette branche le tronc PVS est continent.
Exemple de rédaction pour une récidive du creux poplité
Crossectomie parfaite ; récidive à partir d’une perforante de la fosse poplitée externe, à 6 cm au-dessus du pli, naissant de la face externe de la poplitée, perforante de 4 mm de diamètre au pli. Elle alimente un réseau très superficielle et tortueux. Le reflux de la performance est majeur.
3) Adéquation du diagnostic avec le motif de consultation ?
Le diagnostic vasculaire est posé mais quelle est la demande du patient, quel est le but de sa visite ? Avons nous une adéquation entre le diagnostic vasculaire et la plainte du patient ?
4) Propositions thérapeutiques
Le plus souvent annuelle en cas de découverte fortuite sans symptomatologie.
Pas de caractéristique particulière au niveau du creux poplité. Ils sont indiqués en cas de symptomatologie fonctionnelle ( jambes lourdes, impression de gonflement…)
La contention est obligatoire en cas d’atteinte du retour veineux profond, fortement conseillé en cas de varices. Les mi-bas sont très souvent adaptés aux varices du creux poplité. Il convient de rassurer les patients sur les marques laissées par l’élastique en haut du mollet et sur le soit disant obstacle de cet élastique au retour veineux. Ce sont des mi-bas médicaux parfaitement adaptés dont il faut vérifier les mesures.
Cette suppression est indiquée pour:
Cette suppression est contre-indiquée ou précautionneuse en cas de :
Cette décision doit tenir compte des complications inhérentes à chaque traitement :
La sclérose reste la technique de choix pour les varices au niveau du creux poplité. A ce niveau elle est toujours délicate. Certains jeunes médecins vasculaires n’hésitent pas à envoyer à leur aînés les cas difficiles. Les artères sont parfois accolées à la paroi des veines. Une veine gastrocnémienne peut-être confondue avec la PVS et l’artère gastrocnémienne est proche… L’APVS n’est en principe pas vue à l’aide d’une sonde couleur de 7,5 MHz. Il convient de la rechercher avec une sonde couleur de 13 MHz en augmentant les gains. Elle est souvent en avant du fascia. Des artérioles pariétales peuvent être dans le compartiement saphénien. Si on ne les voit pas elles existent sûrement… Le non-vu existe. Il convient d’être prudent et méthodique. De plus, dans les récidives variqueuses, les rapports anatomiques ont été modifiés par la chirurgie. Le fin réseau de surface est traité par de l’Aetoxisclérol* à 0,4% Le thrombovar* reste le produit de choix pour les branches profondes. Il est puissant et permet une sclérose à distance. Il s’utilise souvent à forte concentration et à faible volume (3% ; 1 cc) en piquant sous contrôle de la vue une branche très superficielle pour atteindre avec le produit une zone profonde en diminuant ainsi le risque d’injection intra-artérielle. Une compression manuelle pendant l’injection du réseau sous-jacent évite au produit de diffuser en surface et évite un surdosage, qui ferait courir un risque de pigmentation cutanée secondaire. La mousse sclérosante est réservée au tronc saphène, l’injection se fait après la pose d’un KT court 18 G sous contrôle écho (sonde de 13 MHz posée en longitudinale) L’aspirine 500 mg/ J/3J soulage la gène du patient quelques heures après l’injection.
Une thrombectomie 15 jours après est la règle. Les thrombectomies diminuent le risque de pigmentation secondaire. Au niveau du creux faire une anesthésie locale (lignocaïne 1%, 5 à 10 cc) car souvent la pression digitale évacuatrice est douloureuse. L’anesthésie locale permet un geste plus complet.
Les phlébectomies, les destructions thermiques (laser, radiofréquence) ou la chirurgie à ciel ouvert doivent être prudentes dans cette zone : Il convient de respecter au maximum les nerfs satellites des veines. Les incontinences gastrocnémiennes ne sont pas, en principe, traitées chirurgicalement (absence de consensus.) Une contention suffit le plus souvent.. Les incontinences de l’axe postérieure de cuisse sont toujours traitées avant ou en même temps que les varices poplitées sous jacentes.
5) Deux complications iatrogènes spécifiques du creux poplité
A- L’injection intra-artérielle de produit sclérosant dans l’artère petite saphène donne une douleur atroce du mollet, immédiate à 2 minutes après la fin de l’injection, une bande cutanée verticale à la face postérieure du mollet, bande d’ischémie de couleur blanc-bleutée permet de la différentier d’un spasme veineux secondaire au geste qui cède à la marche. La douleur va persister plusieurs jours. Le traitement est : anticoagulant à dose curative pendant 3 jours puis à dose préventive pendant 10 jours, corticoïdes à dose élevée, antalgiques type morphine, anxiolytique, somnifère, pansement gras sur les nécroses cutanées. L’injection intra-artérielle de produit sclérosant dans l’artère gastrocnémienne ajoute à ce tableau une nécrose musculaire nécessitant une hospitalisation en service de chirurgie vasculaire.
B- Les lésions neurologiques motrices sont exceptionnelles, un steppage transitoire du pied (quelques heures) peut être secondaire à l’injection locale de produits anesthésiants. Les lésions sensitives par traumatisme sont fréquentes en cas d’éveinage ou de brûlure thermique, elles régressent le plus souvent en quelques mois, jamais après deux ans. L’ensemble des fibres sensitives au voisinage de la PVS correspondent à S2 Des lésions traumatiques peuvent entraîner des troubles sensitifs au niveau de la partie dorsale et latérale de la jambe et du talon, la région malléolaire latérale, le bord latéral du pied, les deux derniers orteils.
Conclusion
Si l’on doit retenir une seule chose… Bien commencer l’examen écho-doppler à 7 cm sous le pli poplité en se servant de la PVS comme fil conducteur… Sur un tel sujet un travail personnel, théorique et pratique, s’impose.
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